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Bataille des Ardennes 40-45

Une centaine de figurants ont fait revivre le 13 décembre 2015 à Amberloup, la tragique capture de l'hôpital de campagne du Général MacAuliffe.

Un vétéran US a séjourné à Houmont du 22 au 27 mars 2012 

John J./ Schumacher a été fait « 1ER  Citoyen d’honneur de Sainte-Ode ». Il a servi au sein de la compagnie HQ du 1st Bataillon du 194th Glider (planeur) Infantry Regiment de la 17th Airobne Division.

John J. Schumacher avait 18 ans en 1945, il faisait partie du 194th Glider Infantry Regiment, bataillon de la 17th Airborne Division. Le 4 janvier, il connut son baptême du feu à Houmont où se déroulèrent d'âpres combats pendant plus d'une semaine au terme de laquelle les Américains libérèrent  les villages de Houmont, Rechirval, Hubermont, Millomont, Rechimont, Laval et Renuamont. Il revint sur la ligne maintenant surnommée " Dead Man's Ridge "(Crête de l'homme mort) en direction de Flamierge. 

Pour notre vétéran ce fut un épisode très marquant de sa vie, c'est la raison pour laquelle il a souhaité séjourner à Houmont une partie de son séjour en Belgique. L’espace d’une semaine, il se rendit également à d'autres endroits où il a combattu  notamment en Allemagne. Avec la collaboration de  « Animations et Loisirs Houmont »,  de l' Administration Communale, du S.I. Sainte-Ode, des «  Marcheurs de l'Ourthe et du Laval » ainsi que les habitants des villages concernés, nous avons accueilli notre libérateur et nous l'avons convié à participer aux différentes manifestations organisées en son honneur. Le retour de John dans notre région a été possible grâce à l’association  “101st Airborne Division Belgian Friendly”, organisatrice de la « Dead’s Man Ridge Walk » depuis 2009.

En signe de gratitude pour son engagement total à défendre les valeurs de tolérance et de liberté, la commune de Sainte-Ode a donné le nom de la 194th Glider Infantry Regiment à la place de Houmont où cette unité avait stationné durant le mois de janvier 1945. Aussi, pour le remercier de son investissement et en mémoire de tous ses frères d'armes, John Schumacher est devenu en mars 2012 le premier "Citoyen d'honneur" de Sainte-Ode.

 

 

 

Quelques grandes dates de la carrière militaire de John J. Schumacher :

- 31 janvier 1944 : entrée en service à Camp Blanding, Floride.

- Fin mai 1944 : fin de l'instruction militaire de base.

- 6 juin 1944 : John apprend chez lui que le débarquement allié a eu lieu en France.

- Juin 1944 : passage par Camp Shanks, dans l'État de New York.

- 15 juillet 1944 : embarquement sur le Queen Elizabeth à destination de l'Écosse puis casernement dans le sud du Royaume-Uni.

- Août 1944 (?) : assignation au HQ/1/194th GIR - 17th Airborne Division.

- 26 décembre 1944 : arrivée au camp de Mourmelon entre Reims et Châlons-sur-Marne, en France.

- 4 janvier 1945 : premier engagement du 194th près de Houmont, Belgique.

- 12 février 1945 : mise en repos à Châlons-sur-Marne et préparation pour l'opération Varsity.

- 24 mars 1945 : opération Varsity dans la région de Wesel, le long du Rhin en Allemagne.

- 8 mai 1945 : fin des combats en Europe.

- Juillet 1945 : trois jours de permission à Nice.

- 12 août 1945 : embarquement sur le Thomas Barry à Cherbourg pour rejoindre la ville de New York.

- 2 septembre 1945 : capitulation japonaise, fin de la Seconde Guerre mondiale.

- 29 janvier 1946 : démobilisation.

 

 

 

 

 

L’historique de deux années dans la vie de John J. SCHUMACHER 

John J. Schumacher naquit le 28 mars 1925 de parents immigrés allemands. Il entra ainsi à l'Armée de Terre le 25 janvier 1944. Le jeune homme quitta . une petite ville du centre de l'Iowa, pour rejoindre un centre d'entraînement situé en Floride. C'est chez lui qu'il apprit que le débarquement de Normandie avait eu lieu. John se spécialisa dans les communications et il embarqua le 15 juillet sur le Queen Elizabeth à destination de l'Écosse. La traversée dura six jours.

Un voyage en train le mena ensuite jusqu'à Chiseldon, près de la ville de Bristol, où il découvrit la peur des V1 allemands. Ce fut le temps du Repple Depple, le Dépôt des Remplaçants où il intégra la 17th Airborne Division au sein de la Headquarters Company - 1st Battalion - 194th Glider Infantry Regiment (HQ/1/194th GIR). John servit dans le peloton de mortiers de 81-mm. Le Colonel James R. Pierce commandait le 194th alors stationné près de Ogbourne Saint-George. S'ensuivit alors une longue période d'entraînements en équipement complet ! Au cours de l'un d'eux, début décembre, John perdit 31 compagnons dans le crash d'un planeur britannique Horsa que son unité utilisait concurremment aux CG4A Waco américains.

Prête dès le 24 décembre1944, l'unité dut attendre deux jours de plus pour s'envoler par C-47 depuis Ramsbury vers le camp de Mourmelon, entre Reims et Châlons-sur-Marne, le brouillard dense empêchant tout mouvement aérien. Ce camp avait accueilli, encore quelques jours auparavant, la 101st Airborne Division.

À peine arrivé en France, John fut transféré en camion jusqu'à Beaumont-en-Argonne, village situé à 20 kilomètresde la frontière belge, pour y assurer la défense de la Meuse. Le 2 janvier 1945, un autre convoi l'amena à Neufchâteau, en Belgique, pour rejoindre immédiatement les environs de Magerotte, à pied dans la neige. C'est à partir de ce moment qu'il réalisa l'intensité des combats déjà livrés dans la région.

La 17th Airborne Division, rattachée à la 3rd Army du Général Patton, engagea le combat le 4 janvier 1945. Le 194th, renforcé par le 550th Glider Infantry Battalion, se déploya près de Houmont. Alors qu'on avait dit aux hommes du régiment que leur force suffirait à reprendre la région, ils durent affronter des unités blindées allemandes largement supérieures. Le 194th fut accueilli par les canons de 88 mm des chars Tigre. Le premier contact fut extrêmement rude et violent, même en seconde ligne où se trouvait John ! De très nombreuses attaques et contre-attaques se déroulèrent pendant plus d'une semaine entre les petits villages de Houmont, Pinsamont, Rechrival, Laval, Rechimont, Hubermont, Milliomont et Renuamont. John Schumacher aménagea son foxhole dans un bois et essuya plusieurs bombardements d'artillerie ennemis. Le temps était glacial, venteux et la couche de neige atteignait les genoux. À partir du 12 janvier, lorsque le 1/194th commença à progresser, John put s'abriter dans des granges et des maisons détruites ou abandonnées. Côté nourriture, même les rations K ne suffirent pas à rassasier les hommes et les vrais repas chauds préparés à la "roulante" n'étaient pas fréquents ! L'instinct animal de survie était omniprésent au cours de ces 30 jours d'engagement.

Après son passage par Flamièrge, le 13 janvier et Givroulle, le 14 janvier, le 1/194th fut dirigé le 17 janvier vers le sud de Houffalize, avant de rejoindre la ville de Luxembourg pour y profiter de quelques jours de repos, se rééquiper et se reconstituer. Ensuite vint la défense de la rivière Our, au sud-est de Clervaux, sur la frontière germano-luxembourgeoise. John aida notamment le Général Patton à extraire sa jeep de commandement d'une ornière enneigée et échappa de peu à un tir de mortier allemand bien ajusté ! Début février, John fut mis une nouvelle fois en réserve dans un petit village belge où il attrapa la grippe et récupéra son Kit Bag et ses effets personnels. C'est ainsi que se termina la Bataille des Ardennes telle que l'a vécu John J. Schumacher.

Le 12 février 1945, le 194th rejoignit Châlons-sur-Marne où il se prépara à la plus grande opération aéroportée alliée combinée et diurne de la Seconde Guerre mondiale. L'opération "Varsity" eut lieu le 24 mars 1945 : elle dépassait les opérations de Normandie et des Pays-Bas en de nombreux points ! Cette armada qui survola la Picardie, la Belgique et une petite partie des Pays-Bas est considérée comme la plus imposante de toute l'histoire militaire. Le flot aérien ininterrompu dura trois heures et demie !

À Châlons, John saisit une occasion qui améliora son futur. Un de ses amis, chauffeur d'un officier, le proposa pour conduire un autre officier. Il accepta sans hésiter, bien que n'ayant jamais manipulé pareil engin. Depuis ce moment, on lui attribua une jeep. Suite à la réorganisation du 194th après la Bataille des Ardennes, John passa à la compagnie D nouvellement formée, toujours comme servant dans le peloton de mortiers de 81-mm.

Varsity était considérée comme Top Secret et seuls certains officiers supérieurs alliés en étaient au courant. Toutefois, les services de renseignement allemands étaient également bien informés, cela avec une grande précision deux semaines avant la date ! Toutes les troupes anti-aériennes ennemies affluèrent ainsi vers la région de Wesel et Hamminkeln, en bordure du Rhin, pour accueillir les 17th Airborne américaine et 6th Airborne britannique.

Dès le 20 mars, John reçut l'ordre de rejoindre le terrain d'aviation A58, dans la région de Reims, où son régiment effectua les derniers préparatifs pendant trois jours. C'était désormais officiel pour tous : le Jour-J était fixé au 24 mars !

Ce jour-là, vers 7 heures 30, John assis au volant de sa jeep s'envola à bord du planeur numéro 141. Le numéro 142 transporta la remorque, elle aussi pleine de munitions et d'équipements divers. Les deux CG4A tirés par un C47 du 53rd Wing de l'US Army Air Force firent partie du Serial A-9 destiné à se poser sur la Landing Zone S au nord de la ville de Wesel, entre une voie ferrée, la rivière Issel et son canal. La météo et les conditions de vol étaient parfaites malgré la surcharge de l'appareil. En arrivant au-dessus de la zone d'atterrissage, la Flak se déchaîna et infligea de lourdes pertes aux assaillants. Vers 10 heures 30, malgré une mauvaise visibilité due au bombardement préparatoire, aux explosions et aux écrans de fumée artificielle, John atterrit sans dommage, démarra sa jeep et récupéra sa remorque à 250 mètres de là. La mitraille sifflait continuellement pendant les premières heures de l'attaque. John eut un instant de chance en atterrissant à 90 mètres d'un canon de gros calibre, dont les servants venaient juste de fuir. La pièce était encore chaude ! Le plus grand danger provenait des autres planeurs qui touchaient terre ou se fracassaient tout autour des troupes déjà au sol. Contrairement à de nombreux récits, John Schumacher atteste que ce ne fut pas les parachutistes qui atterrirent les premiers, mais bien l'infanterie planée. Attendant les troupes alliées terrestres et le regroupement des unités aéroportées, John et son passager se mirent à couvert pour protéger leur précieuse cargaison. Ce jour-là, le 194th sécurisa la Landing Zone S vers 12h30 et toute résistance allemande fut annihilée vers 15 heures. Tout au long de l'opération, les pertes furent plus élevées que prévu, mais l'État-major allié conclut à un succès permettant d'ouvrir largement la voie vers le cœur de l'Allemagne.

Au cours de la campagne d'Allemagne qui suivit, John servit de messager et de pourvoyeur à ses compagnons. Le 194th atteignit la ville de Münster, capitale de la Westphalie, repoussant régulièrement des contre-attaques ennemies. Le régiment opéra ensuite un grand virage d'enveloppement dirigé vers Hamm et Essen en direction du Sud-ouest. Au cours de cette manœuvre, un squad de la compagnie D de John, captura le haut dignitaire nazi, Franz Von Papen. Le 194th rejoignit la division à Mülheim le 13 avril. Le nombre croissant de prisonniers allemands annonçait la proche fin de la guerre, partout la résistance ennemie s'effritait ! Vint ensuite la libération d'un camp de prisonniers de guerre alliés près de Duisburg, ville qui marqua enfin une période de repos et de confort pour le 194th : ce fut la première fois de sa vie que John s'endormit dans les draps en satin d'un hôtel de luxe !

Lors de la période d'occupation en Allemagne, il participa à des filatures et des recherches de personnes connues pour être des nazis convaincus. La dénazification avait commencé. D'autre part, malgré l'interdiction de fraterniser avec la population allemande, John et ses compagnons passèrent aussi le temps à rencontrer des jeunes filles.

En mai et juin 1945, il participa aussi aux compétitions sportives organisées entre les unités de la 17th Airborne Division dans le stade de Duisburg. Grâce aux centres de délassement de l'Armée, il bénéficia en juillet de trois jours de permission à Nice et logea à l'hôtel Imperator, près de la plage ensoleillée. Il flâna sur le bord de mer, visita Cannes et fit bonne chère! Peu après cet épisode relaxant, le haut commandement américain signala au 194th qu'il allait bientôt rejoindre les États-Unis, non pour être démobilisé, mais pour se préparer à combattre les Japonais, cette fois au sein de la 13th Airborne Division. Avant de quitter l'Europe, John transita par Lunéville, en France, d'où il envoya quelques prises de guerre à sa famille.

Le 12 août 1945, John embarqua à Cherbourg sur le USAT Thomas Barry.  La ville de New York fut en vue après 8 jours de traversée. Les deux bombes atomiques lâchées sur le Japon quelques jours plus tôt changèrent assurément l'avenir de John en mettant fin à la Seconde Guerre mondiale ! Fort Bragg, en Caroline du Nord, fut son dernier cantonnement avant qu'il ne soit démobilisé le 29 janvier 1946 au Separation Center de Jefferson Barracks, dans l'état du Missouri. Il ne fut jamais blessé au combat.

Le Private First Class John J. Schumacher est crédité des campagnes "Ardennes-Alsace", "Rhineland" et "Central Europe". Il est titulaire des décorations suivantes : Glider Badge, Combat Infantryman’s Badge, Bronze Star Medal, Good Conduct Medal, American Theater Medal, European - African - Middle Eastern Theater Medal with one Bronze Arrowhead and three Bronze Stars, Victory Medal.

 

Histoire de la 194th Glider Infantry Regiment & 550th Glider Infantry Battalion 

Le 19 décembre 1944, la 17th Airborne Division, stationnée en Angleterre, reçoit l’ordre de faire mouvement vers Mourmelon, France. Début janvier 1945, elle est envoyée au sud-ouest de Bastogne pour relever la 11th Armored Division. Le 194th Glider Infantry Regiment et le 550th Glider Infantry Battalion qui lui est attaché se déploient sur le flanc gauche de la division (Pinsamont et Houmont) et le 513th Parachute Infantry Regiment sur le flanc droit (Bois des Valets et Mande-Saint-Etienne).

Less 193rd Glider Infantry Regiment et 507th Parachute Infantry Regiment sont gardés en réserve.

Le 3 janvier 1945, le 550th est en position devant Houmont et le 2nd Battalion du 194th devant Pinsamont. Le 1st Battalion du 194th reste en réserve après avoir reconnu le Bois de Magery. Le P.C. du 194th est établi à Magerotte. 

Le 4 janvier au matin, la 17th Airborne attaque. Elle a pour objectif Flamièrge et la rivière Ourthe. Sur le flanc droit, le 513th attaque vers Flamièrge en passant par la crête qui sera plus tard surnommée “Dead Man’s Ridge” (la Crête de l’Homme mort). Sur le flanc gauche, l’attaque commence à 08h15. Le 2/194th et le 550th attaquent vers les petits villages de Laval, Rechimont, Hubermont, Millomont, et Renuamont.

Les premiers villages sont atteints vers 10h00 et les autres dans l’après-midi, malgré une résistance allemande importante. Pendant ce temps, le 1/194th occupe des positions défensives devant Houmont et le 507th occupe le secteur de Pinsamont. Au soir, le P.C. du 194th est déplacé à Houmont.

Pendant la nuit, les Allemands contre-attaquent férocement avec des blindés et de l’infanterie. A Renuamont, les compagnies B et C du 550th sont submergées par les Allemands et de nombreux soldats sont faits prisonniers. Au petit matin du 5 janvier, les survivants des 2/194th et 550th se replient vers Houmont.

Les Allemands ont repris tous les villages, ainsi que Rechrival. Le 550th a fort souffert et est placé en réserve du 194th.
A 08h15, le 7 janvier, le 1/194th attaque en direction des villages, suivi par le 2/194th. Après 2 heures et demie d’intenses combats, le 1/194th atteint Millomont. Les Allemands sont en force dans les villages. Les combats sont féroces, les pertes importantes et les Allemands contre-attaquent. Dans l’après-midi, les 1/194th et 2/194th sont forcés de se retirer. Le 2/194th recule jusqu’au village de Rechrival et le 1/194th établit des positions défensives sur les hauteurs à droite du 2/194th. Le 507th avance et se positionne à gauche du 2/194th. Le 8 janvier, les Allemands attaquent durement les positions du 507th à gauche de Rechrival.
Du 9 au 11 janvier, le secteur du 194th est plutôt calme. Dans la nuit du 10 au 11, les Allemands commencent à se retirer des villages, laissant une arrière-garde.

Des contacts sont établis avec la 87th Infantry Division sur la gauche. Le 507th quitte ses positions le 11 janvier et remplace le 513th à Mande-Sainte-Etienne. Le 12 dans la matinée, des patrouilles effectuent des reconnaissances vers les villages et essuient quelques tirs allemands. En début d’après-midi, le 1/194th avance jusque Renuamont et continue jusqu’à la colline 510 dominant Flamièrge.

Ce même jour, le 507th prend Flamizoulle et la 87th Division atteint Fosset sur la gauche de la division.
Le 13 janvier, le 1/194th entre dans Flamièrge. Les Allemands offrent peu de résistance. Dans l’après-midi, le 1/194th atteint les bois au nord de Flamièrge et le 2/194th est en position entre Tronle et Salle. Un peu plus tard, le P.C. du 194th est installé à Tronle. Le 550th se positionne sur la colline 510. Dans l’après-midi du 14 janvier, le 1/194th entre dans Givroulle, tandis que le 2/194th avance vers Salle et Wigny. Le 550th est à Tronle. Le 194th reste en repos jusqu’au 17 janvier quand il reçoit l’ordre de faire mouvement vers Wicourt, un petit village au sud d’Houffalize.

 

Le vitrail de la 17th Airborne Division

Eglise d'Houmont
B-6680 Houmont (Sainte-Ode)

 

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